Mon Lomo & Co

24.05.11

Back to Black... & White

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Disparitions Suspectes

Tout a commencé par une rumeur dans les bars de Saint Martin.

On s'inquiétait, au zinc, de ne plus voir Jean Louis et Brigitte.

En fait, ces deux là étaient des habitués de la place, de sacrés numéros pour ce qui est de boire jusqu'à plus soif... pour dire, des alcooliques finis.

Enfin, un peu comme la majorité de ceux qui trainaient là...

On s'inquiétait d'autant plus qu'ils ne répondaient plus au téléphone, et ils n'étaient pas rentrés chez eux depuis plusieurs jours, bref, c'était vraiment bizarre...

 

Et puis ça a été le tour d'Olivier, Yvon et Isabelle...

Pareil, plus de nouvelles du jour au lendemain.

La dernière fois qu'on les avait vu, c'était au Café de la Plage, une semaine plus tôt, pas plus bourrés que d'habitude, ils avaient décidé de finir la soirée chez Isabelle qui habitait à Recou.

C'est pas la porte à côté mais elle disait qu'elle avait du stock à la maison.

Le problème, c'est qu'ils ne sont jamais arrivés à destination.

Les voisins, habitués aux virées tardives d'Isabelle et de ses potes pas très discrets ne l'ont pas entendue rentrer ce soir là.

 

On s'inquiétait donc... mais pas les flics, tu parles!

Une brochette de pochards en moins, c'est pas eux qui vont s'en plaindre!

C'était pourtant des gens sans trop d'histoires, des habitués, des gens qu'on connaissait, pas du genre à disparaître comme ça...

Du coup, un soir, au cours d'un apéro au Triskel Bian, Marc, Eric et moi on a décidé d'aller voir de plus près, si on pouvait trouver une explication, des infos sur ces cas de disparition suspecte...

C'était un peu malsain que de s'immiscer ainsi dans la vie intime des gens mais il fallait bien que quelqu'un le fasse et comme on était plus ou moins au chômage, enfin, on avait le temps quoi...

On nous a filé les clefs de chez eux, on y est allé sans rien relever de suspect.

Tous les apparts avaient ceci en commun : un véritable foutoir, une odeur de renfermé et des bouteilles vides stockées pour le prochain coup de ménage... On a aussi passé quelques coups de fil à leurs proches mais on n'a eu aucune info, rien, ils avaient vraiment tous disparus comme ça, sans préméditation.

Leur courrier continuait d'arriver, leurs relevés de compte n'enregistraient aucune opération de cartes ou chèques suspects, bref, on en était toujours rendu au même stade...

 

Un soir, en allant faire le « plein » au marché +, une affiche scotchée à la caisse m'avait sauté aux yeux : on recherchait une bande de 5 étudiants qui avaient subitement disparus dans la soirée du 19 novembre...

Le lendemain, ça faisait la Une du Télégramme. Dans l'article, le journaliste racontait qu'on les avait perdu au cours d'une soirée étudiante particulièrement arrosée. Les 5 amis avaient quitté la place de la liberté pour finir leur soirée chez l'un d'entre eux mais ils n'arrivèrent jamais à destination...

Pour l'occasion, on mobilisa les forces vives de la police et de la gendarmerie, une cellule de crise fut créée, et même une ligne téléphonique dédiée pour tenter de récupérer toute information liée de près ou de loin à cette affaire...

Nous, on a vu des flics faire le tour des bars de la ville, ils nous ont même interrogé et ils ont enfin pris note de nos cas de disparitions...

En quelques jours, tout Brest était quadrillé par les flics.

Un peu partout, on avait droit aux contrôles d'identité, et d'alcoolémie, avec pour conséquence directe, une vie nocturne au plus calme pendant plusieurs semaines.

Mais on a pas retrouvé nos étudiants, et encore moins nos habitués des bars de Saint Martin...

Quelques semaines plus tard, il fallait se rendre à l'évidence, l'enquête piétinait...

Pour résumer, beaucoup de bruit pour rien...

 

Arrivèrent enfin les fêtes de fin d'année, et leurs cortèges d'occasions multiples de s'enivrer...

Ce que l'on fit...

Une fois, avec les potes, on s'en était mis particulièrement plein la gueule. On était complètement démâté et dans notre ivresse collective, on décida de descendre chez Erwan après la fermeture des derniers bars, histoire de s'en jeter un dernier en petit comité...

Et c'est là que j'ai compris...

Oui, malgré un état d'ébriété pitoyable, j'ai réussi péniblement à comprendre l'origine de ces étranges disparitions, car j'ai failli disparaître moi aussi...

je ne sais pas si je dois regretter de ne pas les avoir suivi, en même temps, je me dis qu'il en fallait un pour témoigner, enfin, c'est un bien grand mot car je ne sais même pas si je dois ou non rendre ce témoignage public...

Est ce que je dois rester anonyme?

Est ce qu'on me prendrait au sérieux?

Est ce que je suis fou?

En même temps, tout ce que je sais c'est que ce soir là, j'ai perdu mes amis, et que je suis peut être aussi passé à côté de la chance de ma vie...

Bon, allez, je vous dis tout : ce soir là donc, on part du café de la plage pour aller chez Erwan qui louait un studio du côté du boulevard Gambetta.

Sur la route, on traverse la rue Jean Jaurès et le bordel des travaux pour le tramway.

C'est en passant près d'un de ces trous béants que le délire a commencé : on entendait des bruits de gens qui font la fête... et ça venait de ces trous!

Et y en avait plein des trous, dans la rue... à peine protégés par quelques barrières... ça faisait comme un bruit de fond qui venait du sol, un truc complètement dingue!

On s'est tous arrêté net, on écoutait...

Et quand on a reconnu les voix de Jean Louis et Yvon et aussi le rire inquiétant et caractéristique de Brigitte... on est resté à se regarder sans rien dire...

On a entendu une plaque dégout bouger, on a tous sursauté et on s'est retourné vers ladite plaque et là, on a vu Isabelle montrer sa petite tête de souris nous faire signe en rigolant « tiens, les gars, vous voilà enfin!! on vous attendait! »

On s'est encore regardé comme des cons, la bouche ouverte, incapable de dire quoi que ce soit...

Un deuxième personnage est apparu, cette fois, c'était un des étudiants disparus qui nous faisait signe « ben ouais, venez les mecs! Ici c'est la fiesta non stop, on s'éclate jour et nuit, enfin, on sait même pas s'il fait jour et on s'en fout, c'est super!!!! »

Isabelle nous raconta qu'ils vivaient un truc de tarés : depuis 2 mois, ils habitaient sous la ville!

Oui, Brest ayant été bombardée et reconstruite à même les ruines, une ville souterraine existe à quelques mètres de profondeur!

Ils ont découvert ça au cours de cette fameuse soirée où ils se rendaient chez Isabelle : l'un d'eux est tombé dans un trou et en essayant de le remonter, ils reconnurent le rire de Brigitte dans les abimes de la ville...

Ils essayèrent de localiser Brigitte mais ce fut elle qui les trouva et leur proposa de tenter une expérience inoubliable...

Pareil pour les 5 étudiants.

D'autres ont également rejoint le groupe... Sans forcément créer l'événement autour de leur disparition.

Apparemment, il existe dans cette ville parallèle des stocks inépuisables de bouffe, de vin, de bière, et autres drogues légales ou pas...

On peut faire ce qu'on veut, il y a des musiciens, des cuistots, des comédiens et même toute une troupe de dessinateurs alcooliques brestois s'y sont installés... bref, le paradis s'offrait à nous...

c'était tellement bien que les gens qui y descendaient ne revenaient pas à la surface!

Ils y remontaient de temps en temps, si des amis passaient près des trous en question pendant la nuit.

Erwan, qui en pinçait pour Isabelle, fut le premier à descendre, ce fut ensuite le tour d'Eric, Delphine et Marc.

Moi, je suis resté à les regarder descendre un à un, silencieusement, sans rien dire...

En fait, je suis claustrophobe et ma peur a été la plus forte...

Isabelle m'a lancé un dernier regard, un signe de la tête : « Tu viens? »

Je tremblais, j'étais paralysé par cette phobie à la con... Pas moyen de faire quoi que ce soit...

Elle m'a regardée d'un air un peu triste et déçu et elle referma définitivement la bouche d'égout.

Voilà donc, la clef des mystérieuses disparitions.

Les travaux du tram' offrent une occasion en or à tous ceux qui n'ont pas peur du noir de franchir le pas vers un nouveau monde...

Tant qu'à moi, vous pouvez me trouver amarré à un des comptoirs des bars de Saint Martin, à boire pour oublier.

Posté par demarev à 21:27 - Ecriture - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

La Faim du Monde

 

Fagor, le 20 décembre 2012.

 

Cher journal, je t'écris ces quelques mots car depuis un peu plus de 2 ans, les médias nous tannent au sujet de la fin du monde qui serait prévue pour le vendredi 21 décembre 2012, c'est à dire demain!!

Ce serait les mayas qui auraient prédit ça...

Selon moi, ils étaient trop déchirés à la coca pour continuer leur calendrier....

Et en plus, ils se sont tous entretués à force de faire des sacrifices pour demander aux dieux une meilleure récolte, la prospérité, la victoire à la guerre... Alors...

 

C'est bizarre, pour l'an 2000, on avait prévu un bug ? informatique qui aurait plongé l'humanité dans le chaos le plus total...

Résultat, à part une piste aux étoiles ? faite du vomi des gens bourrés en retour de soirée...

Rien de bien mémorable...

 

Mais cette fois ci, c'est bien simple, tout le monde ne parle que de ça.

Enfin, de ça, mais aussi de la folie mercantile de Noël, de la crise économique, du chômage, des dérives des politiques, de l'écart de plus en plus grand entre riches et pauvres, de l'épuisement des réserves naturelles, du réchauffement climatique...

 

En même temps, ça fait 10 ans qu'on nous bassine avec ces sujets qui vont et viennent selon les désidératas des rédactions.

Mais là on nous sert tout en même temps, j'ai vraiment l'impression que les signes sont bien là...

Enfin, le plus étrange c'est cette dualité dans les attitudes des gens : certains continuent leurs achats, les préparatifs de Noël, font plaisir aux enfants, regardent TF1, font comme s'ils n'étaient pas au courant (bien que je les soupçonne d'avoir des abris antinucléaires sous leurs beaux pavillons).

Mais d'autres paniquent, perdent la raison, hurlent la fin du monde ? en courant dans les rues, dans les magasins...

Les magasins se vident régulièrement des denrées indispensables telles que la farine, le riz, les boites de conserve...

 

C'est très inquiétant.

 

Les gérants des magasins se frottent les mains, le réveillon 2012 est une superbe aubaine pour eux, avec un chiffre d'affaires extraordinaire à la clef.

 

Personnellement, j'aurais aimé partir loin de cette folie, dans les montagnes, en hauteur afin d'éviter les raz-de-marrées et me protéger d'éventuels tremblements de terre mais les autoroutes sont devenues quasiment impraticables, et il n'y a presque plus d'essence dans les stations et vu que l'on nous dit que c'est surement une connerie, le plus simple est que je reste avec ceux que j'aime et que nous attendions tous ensemble l'aube du dimanche 22 décembre.

 

 

Epilogue

 

Samedi 21 décembre, 10h32

 

Le monde, tel qu'il existait, a disparu sous les flots.

Plus personne ne pourra témoigner de cette civilisation.

Des archéologues venus d'une autre planète trouveront peut être un jour ce journal intime. Ils apprendront à déchiffrer ces gribouillis et découvriront comment cette civilisation s'est éteinte, comme les habitants de l'ile de Pâques avaient disparu à force d'exploiter leurs réserves naturelles jusqu'à leur propre perte.

 

 

 

 

Samedi 21 décembre, 10h32

 

Sophie avait tout simplement entrepris de nettoyer enfin son frigo, qui commençait vraiment à être particulièrement sale.

Posté par demarev à 21:17 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

30.08.09

c'est la rentrée

eh oui,après plus d'un an d'inactivité de ce blog, c décidé : on y retourne!img002

Posté par demarev à 11:53 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

sous les quais

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le grand magasin

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conserves

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08.09.08

et Hop! une diapo de mon Holga que j'apprivoise...

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Posté par demarev à 18:22 - paysages d'ici - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

Ouha la tronche!

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Posté par demarev à 18:18 - portraits - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Le Kart du Touquet attend les touristes et le beau temps...

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Posté par demarev à 18:16 - noir & blanc - Commentaires [2] - Rétroliens [0]